« La modération a bien meilleur goût »
est devenu un proverbe au Québec
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Sans l'aide de l'industrie de l'alcool, des médias et de nos partenaires, nous ne pourrions jamais avoir la visibilité que nous avons avec le budget relativement modeste dont nous disposons (environ 850 000 $ par année). Chaque dollar investi en promotion et campagne d'information est facilement multiplié par 5 grâce à l'aide de ceux et celles qui croient en notre démarche. Je pense que cela signifie, entre autres, que nous touchons une corde sensible et que les gens apprécient nos efforts. »
Hubert Sacy est directeur général d'Éduc'alcool depuis maintenant huit ans. Au fil des ans, il a multiplié les programmes d'intervention auprès de groupes cibles et conclu de nombreux partenariats pour mieux faire passer son message basé sur le plaisir de l'alcool, oui, mais dans un cadre de modération.
En fait, le message passe mieux encore que le messager, puisqu'Éduc'alcool, en tant qu'organisation, n'est pas encore aussi connue du grand public que son slogan. Mais ce n'est pas essentiel, dit Hubert Sacy, car les campagnes, les slogans et les recherches publiées sont bien identifiés : « Éduc'alcool a été fondée pour regrouper sous un même toit les efforts de l'ensemble des partenaires de l'industrie et des personnes qui croient à sa mission. Nous n'avons pas de marque ou de produit à vendre, mais un message à faire passer. Quand les sondages démontrent que 95 p. cent des Québécois connaissent notre slogan et que la grande majorité apprécie nos démarches et nos campagnes, à mon avis, c'est ce qui compte. » |

Les divers programmes et partenariats d’Éduc’alcool font leur chemin, sur l’eau, sur la route, dans les hôtels et restaurants, dans les écoles, les organismes de santé publique, les cabinets de médecins, les écoles de conduite et même chez les concessionnaires d’automobiles.

Hubert Sacy, directeur général d'Éduc’alcool. |
Toutes les campagnes de promotion et d'information se font sans aucune publicité personnelle de la part des membres d'Éduc'alcool . « Non seulement les produits sont absents, mais en plus nous disons: consommez moins. Je pense qu'il s'agit là d'un geste remarquable qui démontre une solide maturité de la part de l'industrie : les concurrents sur les tablettes de la SAQ se sont unis pour assumer leurs responsabilités sociales. C'est certainement ce qui explique pourquoi nous sommes bien reçus dans les écoles, le milieu de la santé publique et auprès des groupes cibles à qui nous nous adressons. »Autre élément non négligeable, l'accueil réservé aux campagnes d'Éduc'alcool. Elles ont reçu des dizaines de prix, des coqs d'or et des trophées pour leur qualité et leur impact. Régulièrement, Éduc'alcool fait appel à des maisons de recherche indépendantes, question de vérifier sa notoriété institutionnelle et celle de son slogan: « La modération a bien meilleur goût fait désormais office de proverbe au Québec tant sa notoriété est forte. En fait, le slogan d'Éduc'alcool s'impose – et de loin – comme le slogan le plus populaire de tous. »
L'absence de publicité directe de la part des « commanditaires » n'inquiète pas les producteurs et distributeurs de boissons alcoolisées. Luc Desroches est directeur général de la Maison Rémy-Martin pour le Québec et administrateur d’Éduc’alcool : «L'industrie a eu la sagesse de comprendre à temps que vendre avec modération permettrait de vendre longtemps. Pourquoi l'alcool devrait-il être une expérience qui laisse un goût amer ? La réflexion est intervenue au bon moment, en même temps que la société définissait de nouvelles règles de conscience sociale. En prônant la modération de façon non partisane, le message a gagné sur tous les plans en crédibilité et en influence. Et pendant ce temps, Éduc'alcool continue de trouver des façons de renouveler le message. »
En outre, les affaires sont bonnes. Rémy-Martin, par exemple, a augmenté ses ventes de 10% par année depuis 5 ans. « Pourquoi ? Parce que nous avons conçu un créneau haut de gamme qui correspond à la nouvelle façon de déguster l'alcool : pour le même prix, un verre de grande qualité plutôt qu'une demi-bouteille médiocre. C'est vrai pour les spiritueux comme pour le vin et les autres boissons. »
Pendant ce temps, les divers programmes et partenariats d'Éduc'alcool font leur chemin, sur l'eau, sur la route, dans les hôtels et restaurants, dans les écoles, les organismes de santé publique, les cabinets de médecins, les écoles de conduite et même les concessionnaires d’automobiles. Il y a eu des projets de cartes de Noël, des bourses, des commandites auprès d'émissions pour les jeunes comme Watatatow, sans oublier de nombreuses études sur l'alcool et la santé, et même une contribution importante à la mise sur pied d'un programme universitaire de second cycle en toxicomanies.
Le projet-pilote Info-Serveur, réalisé avec la Ligue de sécurité du Québec, a également été bien reçu : « Il s'agit d'un ambitieux projet mené sur le terrain auprès des propriétaires et des serveurs d'établissements détenteurs d'un permis d'alcool quant à leurs obligations vis-à-vis de la clientèle. Ce programme a rejoint 420 personnes dans 77 établissements. Il a permis de concevoir un véritable cours du serveur face au client qui éprouve des problèmes d'ébriété. Toutes les phases ont été abordées, de la sobriété à l'ivresse, et tous les comportements possibles ont été analysés. Grâce à Info-Serveur, un professionnel de la restauration (bars, brasseries et tavernes) peut savoir exactement quoi faire et à quoi s'attendre face à un client ou à un groupe de clients-problèmes. »
Chaque fois, rappelle Hubert Sacy, un programme particulier est proposé à un groupe cible :
« Des concours ont été organisés auprès des jeunes élèves autour de thèmes comme Affiche ta modération. Les résultats ont démontré l'intérêt et la préoccupation des jeunes pour la question. Boire, Conduire, Choisir, a également été l'une des belles campagnes, cette fois auprès des écoles de conduite du Québec. Il y en a eu d'autres auprès des motoneigistes, auprès des plaisanciers, et dans à peu près tous les domaines possibles, y compris à la maison. Car l'alcool n'est pas qu'un problème relié à la conduite automobile, on a tendance à l'oublier trop souvent.
Il concerne l'ensemble de nos activités, au travail, à la maison et pendant nos loisirs. »
À ce propos, Hubert Sacy espère qu'Éduc'alcool contribuera à élargir le débat: « C'est vrai que le lien alcool-conduite automobile constitue un enjeu important. Mais il ne faudrait pas occulter ce qui touche aux comportements sociaux et au sens des valeurs. Prenez le cas d'un type soûl qui engueule le barman et les clients, fait tomber une chaise en sortant, crie à tue-tête dans la rue, bouscule son voisin dans l'escalier, oublie femme et enfants pour aller à pied se coucher au premier motel venu. Légalement, son attitude est irréprochable puisqu'il n'a pas utilisé sa voiture... Mais, humainement, est-ce suffisant? »
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En bref |
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Image extraite du message publicitaire
télévisé d’Éduc’alcool : le sous-verre.
Champions Les Québécois, champions de la modération au Canada.
Le Québec est la province où les lois sur la vente et la consommation d'alcool sont les plus souples et où l'alcool est le plus disponible. Pourtant, il obtient le plus faible taux de problèmes reliés à l'alcool, selon un indice de l'Addiction Research Foundation et de Statistique Canada, qui inclut des données sur la consommation, les infractions aux règlements de la circulation, le temps passé à l'hôpital et le taux de mortalité.
Un modèle repris ailleurs
L'expérience québécoise qui consiste à prôner des valeurs constructives face à la consommation d'alcool et à regrouper les acteurs de l'industrie sous un même toit fait des petits. C'est ainsi qu'Éduc'alcool France a vu le jour en 1994, à la suite de la volonté du comité national des interprofessions des vins et eaux-de-vie de lancer des programmes éducatifs sur une base indépendante de l'industrie elle-même.
Certains en France en sont arrivés à la même conclusion que le Québec, c'est-à-dire qu'il fallait un regroupement indépendant qui ne soit pas qu’une émanation de l'industrie. Seule différence avec le Québec, l'affiliation à Éduc'alcool France se fait sur une base volontaire de la part des producteurs.
En Suède aussi, on a repris l'expérience d'Éduc'alcool pour créer l'organisation A.O.S., qui a vu le jour l'an dernier. Il s'agit cette fois d'une initiative du ministère suédois de la Santé, qui est intervenu directement auprès de l'industrie locale, a réuni plusieurs intervenants et a invité Éduc'alcool à les renseigner sur ce que le Québec faisait en matière d'éducation et de prévention, et sur son modèle d’organisation. La Suède avait eu l'occasion de découvrir Éduc'alcool à l'occasion de quelques congrès internationaux auxquels participe l'organisation québécoise chaque année.
Éduc’alcool est membre du Conseil international sur les problèmes de l'alcoolisme et des toxicomanies, affilié à l'Organisation mondiale de la Santé.
Le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, est président de la section «Éducation à l'alcool». |
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