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Les dix ans d'Éduc'alcool La relation des Québécois à l'alcool est saine

Comment convaincre que, si boire un peu d'alcool est très agréable, dépasser la dose est désastreux, autant pour la santé que pour le comportement social? Comment véhiculer la notion de plaisir sans paraître rigoriste ni moralisateur?
C'est exactement le défi quotidien de la crédibilité auquel est confronté Éduc'alcool, qui fête cette année son dixième anniversaire et qui, témoin ou acteur, est au coeur des changements de comportement des Québécois en matière de consommation.
En effet, toutes les études démontrent que l'on boit moins, sans doute, mais surtout que l'on boit mieux au Québec depuis 20 ans. Dans l'ensemble, les notions d'ivresse ou d'oubli ont fait place à celles de plaisir, de qualité du produit et de raffinement. L'alcool est toujours omniprésent, au travail, à la maison ou en vacances, mais globalement, vous dira le directeur général d'Éduc'alcool Hubert Sacy, la relation des Québécois à l'alcool est saine.
De là à croire que tout va bien serait trop facile. On sait aujourd'hui, par exemple, que les intoxications périodiques sont plus ravageuses sur la route que la soûlerie perpétuelle des buveurs chroniques. On sait aussi que le seul groupe d'âge qui n'a pas changé ses habitudes de consommation depuis une trentaine d'années est celui des 15-19 ans. Quand les jeunes boivent, ils le font dans 40 p. cent des cas avec excès. Sur le plan de la prévention, c'est la clientèle la plus difficile à rejoindre et la plus fragile. La moins disposée aussi à entendre des leçons de sagesse.
Cela dit, depuis 10 ans Éduc'alcool, qui regroupe l'ensemble des partenaires de l'industrie des boissons alcooliques, a fait son chemin. Ses nombreux programmes et partenariats, axés sur la responsabilisation et une approche non répressive, rejoignent des centaines de milliers de gens chaque année. Qui aujourd'hui ne connaît pas son célèbre slogan « La modération a bien meilleur goût » ?
Lors de la plus récente recherche sur la question, 95 p. cent des Québécois ont dit connaître ce slogan. Le message passe bien. Selon une vaste enquête sur les Québécois et l'alcool, publiée en 1997, la très vaste majorité (81 p. cent) des répondants estiment que les Québécois sont plus sensibilisés qu'il y a cinq ans à la modération. Les deux tiers d'entre eux en attribuent le mérite à la publicité sur la modération.
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De tous milieux
Éduc'alcool est dirigée par un conseil d'administration formé de huit membres issus d'organismes publics et parapublics, de l'industrie des boissons alcooliques et de personnes de l'extérieur de l'industrie.
Les membres institutionnels
Les membres institutionnels d'Éduc'alcool appartiennent à six grands secteurs d'activité.
Philippe Chatillon: Société des alcools du Québec
Serge Lafontaine: Régie des alcools, des courses et des jeux
Anne-Marie Phaneuf: Association des distillateurs du Québec
Pierre Desmarais: Association québécoise des négociants en vin
Robert Demoy: Association des fabricants de cidre du Québec
Christian Langevin: Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux |
Les membres individuels
Éduc'alcool permet l'adhésion directe de personnes qui ont à coeur la promotion de la consommation responsable. C'est notamment le cas des administrateurs Jean-Guy Dubuc et Louise Nadeau.
Sous l'égide du conseil, le directeur général Hubert Sacy est responsable de la coordination des activités.
Radio, télévision, journaux, Éduc'alcool a régulièrement innové par des campagnes publicitaires qui ont fait leur marque. Cela avait été le cas avec le nouveau concept publicitaire d'affichage géant itinérant, en grande première nord-américaine. |
Rendre à la SAQ ce qui est à la SAQ
S'il fallait rendre à César ce qui lui appartient, c'est la Société des alcools du Québec qu'il faudrait citer lorsqu'on remonte aux débuts d'Éduc'alcool. Aujourd'hui vice-président exploitation de détail à la SAQ, celui qu'on dit être à l'origine d'Éduc'alcool, Claude Marier, était à ce moment responsable de l'Administration et des Affaires publiques : « Je me souviens des premières discussions. Nous étions conscients du défi de devoir vendre un produit particulier, très agréable, mais qui peut devenir problématique quand il est mal consommé. Personne, à mi-chemin des vendeurs d'alcool et des lobbys anti-alcool, n'avait conçu de discours pour expliquer les limites du produit. Nous voulions donc fournir un mode d'emploi, sans être ni négatif ni trop rassurant. Après tout, conduire une automobile, par exemple, demande une certaine préparation, et c'est le cas pour bien des choses que nous faisons dans la vie. »
L'idée a fait son chemin, sous forme de fondation au début, pour devenir l'organisme que l'on connaît aujourd'hui. « L'industrie a bien réagi et a fait sienne cette démarche, dit Claude Marier. À présent, chaque membre de l'industrie dont la production est écoulée par le réseau de la SAQ contribue en quelque sorte au financement d'Éduc'alcool, puisque quelques sous sont prélevés sur chaque caisse vendue (de 7 à 21 cents la caisse, selon le type d'alcool). La SAQ n'est que l'un des partenaires du mouvement. »
Dès le début, Éduc'alcool a voulu gagner « une personne à la fois » à sa cause. Des programmes ont été conçus à l'intention de groupes particuliers : les jeunes, les étudiants, les femmes enceintes, etc. : « Ce n'est jamais spectaculaire, mais les résultats sont là. Prenez le dépliant sur la grossesse et l'alcool. Il s'est retrouvé dans presque tous les cabinets médicaux du Québec. Il a même été repris en anglais par diverses organisations dans les autres provinces canadiennes. »
Dix ans plus tard, le concept de campagne de promotion autour du plaisir et de la modération est repris et étudié par d'autres pays. Éduc'alcool est également reconnue par diverses organisations internationales notamment rattachées à l'Organisation mondiale de la Santé. Il y a de quoi être fier, non?
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En bref |
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Des objectifs concrets
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Éduquer le grand public et particulièrement les jeunes à la consommation de boissons alcooliques ;
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fournir de l'information sur les effets psychologiques et physiologiques de l'alcool ;
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Établir le contexte historique et culturel qui entoure la consommation de produits alcoolisés ;
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faire le point sur les mythes entourant l'alcool ;
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valoriser la notion de plaisir liée à une consommation réfléchie et équilibrée des produits alcoolisés ;
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prévenir et dénoncer les méfaits causés par l'abus d'alcool ;
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proposer une image positive des partenaires de l'industrie des boissons alcooliques par leur engagement dans le milieu ;
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promouvoir la modération dans la consommation d'alcool ;
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effectuer et soutenir des recherches sociales et scientifiques.
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