Boire ou ne pas boire ?
Le cœur répond... question

Extraits d'une vaste étude sur l'alcool et la santé, publiée par Éduc'alcool et commanditée par son conseil d'administration en mai 1997. Le document fait le point sur de multiples recherches relatives à l'alcool et la santé. C'est, si l'on veut, l'étude des études. Il est l'œuvre de Hortense Fournier et de Louise Nadeau, de l'Université de Montréal. On peut en obtenir copie auprès d'Éduc'alcool (1 888 alcool1) ou en ligne sur son site Web :www.educalcool.qc.ca

 

Le bénéfice principal d'une consommation modérée et régulière d'alcool (CMRA) est lié à sa réputation de cardio-protecteur, par le biais de son effet antiathérogénique (prévention de l'occlusion artérielle). L'athérosclérose est en effet le résultat d'une accumulation de dépôts de graisses et de cellules dans la paroi des artères. À mesure que cette plaque graisseuse augmente, les parois artérielles s'épaississent, ce qui ralentit le débit sanguin et diminue l'apport d'oxygène et de substances nutritives vers les tissus. Ce rétrécissement des artères est à l'origine de plusieurs maladies cardiovasculaires, dont les principales sont l'insuffisance coronarienne et l'infarctus du myocarde.

 

Les études

De nombreuses études – post-mortem (autopsie), animales et épidémiologiques – ont été consacrées à la consommation modérée d'alcool et à ses effets sur le développement des coronaropathies.

Les résultats des études d'autopsies visant à évaluer l'état et l'obstruction des artères sont confondants, mais la majorité de ces études constatent un effet protecteur de l'alcool.

Les études animales destinées à déterminer les effets de l'alcool sur le développement de l'athérosclérose concluent à des effets protecteurs chez la souris.

 

 

 

 

De nombreuses études épidémiologiques

 

Les études artériographiques, basées sur la mesure du diamètre des artères par l'injection d'un liquide opaque aux rayons X, suggèrent une progression moindre de l'athérosclérose chez les grands buveurs. L'évaluation artériographique constitue une donnée fiable et quantitative.

Les études d'observation analysent des données de mortalité en fonction des données de consommation d'alcool par habitant. Ces études en arrivent toutes à la même constatation, soit à une relation entre l'augmentation de la consommation d'alcool et une diminution du taux de mortalité due aux maladies coronariennes. Ces études sont celles qui ont été les plus médiatisées. Cependant, elles comportent plusieurs limites méthodologiques, de telle sorte qu'elles doivent être corroborées par d'autres travaux utilisant d'autres méthodes avant que leurs résultats ne soient considérés comme probants.

Les études cas témoins enquêtent sur les différents facteurs de risques auxquels a été exposé un groupe souffrant d'une maladie coronarienne comparé à  un autre groupe exempt de cette maladie.

Ces études indiquent que les buveurs modérés et réguliers semblent bénéficier d'une protection coronarienne lorsqu'ils sont comparés aux abstinents. Il y a une relation très forte entre une CMRA et un taux moindre de coronaropathies.

Les études longitudinales, où deux groupes ou plus de sujets en santé sont sélectionnés selon différents critères, dont la consommation d'alcool, suivent ces groupes pendant plusieurs années afin d'évaluer le rôle de la consommation sur le développement des maladies coronariennes. La plupart de ces études observent une relation inverse entre une consommation modérée et l'incidence des coronaropathies. Les autres n'y voient aucune relation et certaines concluent à un effet nocif, même à faible dose. Malgré toutes ces faiblesses, le nombre des études affichant des résultats positifs exerce un poids qui fait pencher la balance du côté des effets bénéfiques de l'alcool. Donc, devant « le poids de l'évidence », il faut admettre que oui, les études épidémiologiques indiquent que la consommation modérée d'alcool est associée à une plus faible probabilité d'être atteint d'une coronaropathie, et surtout d'en mourir.

Tout compte fait, même s'il existe plusieurs contradictions entourant les résultats des études qui ont été recensées, une consommation modérée et régulière d'alcool ne dépassant pas deux consommations par jour apporte vraisemblablement une protection coronarienne particulièrement aux personnes de 60 ans et plus prédisposées aux coronaropathies.

 

En bref

Alcool et santé : mode d’emploi

Chaque personne est unique

Les effets de l'alcool sur la santé varient d'une personne à l'autre. Il faut se garder de généraliser. Ce qui est bon pour la majorité des gens ne l'est pas nécessairement pour tous. Il importe donc de se renseigner et, surtout, de bien se connaître soi-même.

Les effets bénéfiques de l'alcool

Les recherches scientifiques et les études disponibles démontrent que, pour la plupart des gens, une consommation régulière et modérée d'alcool – un ou deux verres par jour – apporte une protection contre les maladies cardiovasculaires.

À partir d'un certain âge

Les études démontrent que l'effet protecteur de l'alcool ne se fait pas sentir auprès des plus jeunes. Il augmente avec l'âge et avec l'accroissement des risques de maladies coronariennes. Chez les hommes, il s'accroît à partir de la quarantaine ; chez les femmes, à partir de la ménopause. C'est auprès des personnes âgées de 60 ans et plus que les effets protecteurs de l'alcool sont les plus évidents.

Une consommation régulière

Les effets bénéfiques de l'alcool ne se manifestent que dans les cas de consommation régulière. Elle doit être répartie à  peu près également tous les jours. La consommation en grande quantité en moins d'occasions annule les effets bénéfiques. Prendre deux verres par jour durant sept jours et prendre sept verres par jour durant deux jours n'est absolument pas la màªme chose.

Un mode de consommation précis

Les effets bénéfiques de l'alcool se manifestent davantage lorsque la consommation se fait autour d'un repas. Se servir un apéro ou prendre un verre à table, ce n'est pas la même chose que boire un verre le matin à jeun, par exemple.

Ce n'est pas tout de boire

Il ne suffit pas de consommer un ou deux verres d'alcool tous les jours pour être en bonne santé ou pour diminuer les risques de maladies cardiovasculaires. Cesser de fumer, bien se nourrir, faire de l'exercice sont autant de moyens à mettre en œuvre pour réduire les risques.

 

Éduc'alcool a commandé
À « l'étude des études » sur l'alcool
et la santé.Quelle est l'incidence
de l'alcool sur les maladies
coronariennes ? Sur la santé en
général ? Quels sont les risques ?
Quels sont les mythes et la réalités ?
Un dossier très complet.

 


En bref

 

La grossesse et l'alcool en questions

Soucieux de donner une information complète sur le sens que prend le mot modération durant la grossesse, Éduc'alcool s'est joint au Collège des médecins du Québec pour mettre à  la disposition des femmes enceintes -- et de celles qui souhaitent le devenir -- la brochure La grossesse et l'alcool en questions qui répond à  toutes leurs interrogations sur le sujet.

Intégré au Carnet de grossesse que reà§oivent des mains de leur médecin les Québécoises enceintes, ce document est la synthèse des renseignements recueillis auprès d'un comité d'éminents spécialistes issus de divers hà´pitaux montréalais. Ayant connu un véritable succès, la brochure a fait l'objet de quatre rééditions en trois ans.