Une nette diminution du nombre de Québécois qui disent boire davantage pour réduire leur stress et leur anxiété.

Montréal, le 30 novembre 2020 – Le portrait de la consommation d’alcool des Québécois n’a pas beaucoup changé après huit mois de pandémie. Au total, au cours du mois de novembre, 8 Québécois sur 10 n’ont pas augmenté (67 %) ou ont diminué (13 %) leur consommation d’alcool, alors que 2 sur 10 l’ont un peu (17 %) ou beaucoup (3 %) augmentée. Les épisodes de consommation excessive ont peu bougé en novembre comparativement à mai dernier, les deux tiers des Québécois n’ayant pas une seule fois dépassé les limites recommandées et 13 % les ayant dépassées une fois au cours du dernier mois. Une bonne nouvelle s’ajoute toutefois au portrait : alors qu’en avril et en mai dernier, près de 3 Québécois sur dix qui avaient augmenté leur consommation l’avaient fait pour réduire leur anxiété et leur stress, ils ne sont plus que 17 % dans ce cas ; c’est une nette diminution. Telles sont les principales conclusions de la troisième enquête sur la consommation d’alcool des Québécois depuis le début de la période de confinement, menée par CROP pour le compte d’Éduc’alcool entre les 19 et 24 novembre. Celle-ci fait suite à celles menées en avril et mai derniers.

L’enquête révèle également que bien que plus de deux Québécois sur trois n’aient jamais dépassé les limites de consommation recommandées en novembre, 22 % d’entre eux ont franchi ce niveau au moins deux fois au cours du mois. Ils étaient 23 % dans ce cas en mai dernier.

« C’est cet indicateur qui est le plus déterminant, car l’augmentation et la diminution de la consommation en soi, ne donnent pas le portrait complet de la situation. En effet, si une personne qui buvait deux verres par semaine doublait sa consommation, cela ne poserait pas vraiment de problème puisqu’elle respecterait toujours les limites recommandées. Toutefois, quelqu’un qui dépassait déjà les limites demeure un consommateur excessif, même s’il n’a pas augmenté sa consommation. Or la situation s’est stabilisée à ce chapitre, contrairement à ce que nous craignions », de préciser le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy.

« On entend beaucoup dire que l’augmentation de la consommation d’alcool des Québécois est inquiétante. Toutefois lorsque l’on prend le temps d’analyser les niveaux de cette consommation, on réalise que, malgré la pandémie, elle demeure généralement raisonnable. Cette évolution de tendance apparaît très clairement à travers nos sondages réalisés régulièrement pour Éduc’alcool », a précisé Dominic Bourdages, vice-président de CROP.

Des données toutes fraîches

Pour ce qui concerne la diminution ou l’augmentation de la consommation, le sondage fait ressortir que ce sont les Montréalais, les jeunes de 18 à 34 ans, les plus fortunés, ceux qui ont subi un changement de situation d’emploi et ceux qui sont davantage affectés psychologiquement qui sont plus nombreux à avoir augmenté leur consommation d’alcool.

Les trois principales raisons de l’augmentation de la consommation d’alcool qu’ils ont données sont les mêmes que lors des enquêtes précédentes : d’abord, chasser l’ennui ou chercher à s’occuper (27 %), le fait d’avoir davantage de temps pour consommer (26 %) et, loin derrière, réduire le stress et l’anxiété (en baisse significative de 28 à 17 %).

Les Québécois qui ont réduit leur consommation d’alcool expliquent quant à eux ce changement par le fait qu’ils boivent généralement dans les bars et les restaurants ou parce qu’ils sont des buveurs sociaux qui ne consomment qu’en compagnie de parents ou d’amis (quatre sur dix). Ceux qui ont réduit leur consommation pour des raisons de santé ont doublé depuis le printemps, passant de 10 à 19 %. On observe aussi, entre mai et novembre, une augmentation de 12 à 18 % de ceux qui considèrent que l’alcool n’est pas nécessaire, un retour au niveau d’avril dernier.

« Il n’en demeure pas moins qu’il y a, en novembre, 7 % plus de Québécois (35 %) qu’en mars, avant la pandémie (28 %) qui ont dépassé au moins une fois par mois les limites recommandées. Sans être catastrophiques, ce ne sont vraiment pas de bonnes nouvelles quand on sait que l’abus d’alcool affaiblit le système immunitaire. C’est la dernière chose que l’on souhaite en temps de pandémie face à un virus aussi violent que la COVID-19. Les grands consommateurs excessifs québécois, quoique très minoritaires, sont un sujet d’inquiétude, car ce sont eux qui sont les plus à risque de voir leur consommation d’alcool nuire à leur santé et qui seraient sujets à développer des dépendances », a souligné Hubert Sacy.

Par ailleurs, près d’un Québécois sur quatre (24 %) affirme consommer de l’alcool pour se sentir mieux lorsqu’il est déprimé, triste ou stressé : 6 % souvent et 18 % à l’occasion. Ce sont les buveurs qui consomment de l’alcool pour se sentir mieux qui sont les plus nombreux à avoir consommé de façon excessive.

Enfin, alors que la moitié des consommateurs avait participé à un apéro ou à un souper virtuel en mai, ils ne sont plus que 44 % en novembre. Les buveurs les plus scolarisés sont plus nombreux à avoir bu lors d’apéros ou souper virtuel.

« Après une phase de grands changements qui ont bouleversé nos modes de vie et influencé nos comportements, une stabilité semble s’installer. Il importe donc plus que jamais de nous réadapter à la réalité nouvelle, de mesurer notre consommation, d’intégrer de nouvelles pratiques et, surtout, de mettre en application le slogan que plus de 95 % des Québécois connaissent : la modération a bien meilleur goût », a conclu Hubert Sacy.

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Les comportements en bref

  • Les deux tiers des Québécois, qu’ils soient buveurs ou abstinents, n’ont pas changé leur niveau de consommation ;
  • 13 % l’ont diminuée : 7 % un peu et 6 % beaucoup ;
  • 20 % ont dit consommer davantage : 17 % un peu plus et 3 % beaucoup plus ;
    • Parmi ces 20 % qui ont augmenté leur consommation d’alcool, 76 % (15 % du total) boivent plus souvent et 30 % (6 % du total) boivent davantage par occasion.
  • La fréquence de consommation des Québécois au cours du mois de novembre est relativement stable, contrastée et se présente ainsi :
    • 31 % n’ont pas du tout bu d’alcool (31 % en avril et 33 % en mai) ;
    • 23 % ont bu entre une et trois fois (24 % en mars) ;
    • 20 % ont bu une à deux fois par semaine (18 % en avril) ;
    • 19 % ont bu de trois à cinq fois par semaine (20 % en mai, 24 % en avril et 20 % en mars) ;
    • 9 % ont bu six ou sept jours par semaine (9 % en mai, 14 % en avril et 18 % en mars).
  • Comparativement aux données des dernières enquêtes dont dispose Éduc’alcool, le respect des niveaux de consommation d’alcool à faible risque a varié :
    • 65 % ont pleinement respecté les recommandations de consommation à faible risque (72 % en mars et avril; 67 % en mai) ;
    • 13 % les ont dépassées une seule fois (11 % en avril et mai et 12 % en mars) ;
    • 11 % les ont dépassées de deux à trois fois (11 % en mai, 8 % en avril et 6 % en mars) ;
    • 4 % les ont dépassées une fois par semaine (4 % lors des trois autres enquêtes) ;
    • 5 % les ont dépassées deux à trois fois par semaine (5 % en mai et en avril et 4 % en mars) ;
    • 2 % les ont dépassées pratiquement tous les jours (3 % en mai, 2 % en avril et 1 % en mars).
  • Enfin, 44 % des consommateurs d’alcool ont participé à un apéro ou à un souper virtuel avec des parents et des amis au cours du dernier mois. Ils étaient 49 % en mai et 40 % le mois avril.

Note méthodologique : Les résultats du sondage, administré par CROP, reposent sur 1000 réponses recueillies entre les 19 et 24 novembre 2020 et dont les répondants ont été recrutés par le biais d’un panel web. Les données sont comparées à deux sondages dont les collectes de données se sont déroulées par le biais d’un panel web entre le 4 et 6 avril, auprès de 1 412 Québécois de 15 ans et plus et entre le 5 et le 10 mai, auprès de 1 007 Québécois de 15 ans et plus.