Sherbrooke, le 28 juillet 2021 — Les habitudes de consommation d’alcool des Estriens sont assez représentatives de celles de l’ensemble des Québécois. Mais les conducteurs de la région prennent davantage de risques sur les routes. De plus, si les consommateurs des deux substances de l’Estrie sont plus nombreux qu’il y a deux ans à mélanger alcool et cannabis, un comportement qui augmente exponentiellement les effets des deux substances, ils demeurent quand même plus responsables que la moyenne québécoise à cet égard.

Tels sont les faits saillants des résultats de la plus vaste enquête biennale sur la consommation d’alcool des Québécois, région par région. Cette enquête, réalisée par CROP pour le compte d’Éduc’alcool, étudie la relation de chacune des régions du Québec avec l’alcool.

CITATION

« Les Estriens se collent à la moyenne québécoise pour la plupart des statistiques sur la consommation d’alcool et la consommation excessive. Ils sont toutefois malheureusement plus nombreux à prendre le volant après avoir consommé de l’alcool et dépassé la limite légale. De plus, même s’ils sont moins nombreux que la moyenne québécoise à mélanger alcool et cannabis, on observe une hausse de ce comportement dans la région. Un coup de barre s’impose pour infléchir cette tendance. »

Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool

LES RÉSULTATS DE SONDAGE EN BREF

  • Les habitudes de consommation: La fréquence de consommation d’alcool des Estriens est juste en deçà de la moyenne québécoise.
    • 61 % des résidents de la région consomment une boisson alcoolisée une fois par semaine ou plus, soit sensiblement la moyenne québécoise (60 %) ;
    • Les buveurs consomment en moyenne 2,2 verres par semaine soit la moyenne nationale ;
    • 86 % des personnes sondées ont affirmé avoir bu de l’alcool au cours des 12 derniers mois, soit deux points au-dessus de la moyenne québécoise ;
    • Moins nombreux que dans le reste du Québec (17 %), les Estriens sont 16 % à estimer que leur consommation nuit à leur santé physique ;
    • Ils sont aussi légèrement moins nombreux à estimer que leur consommation d’alcool nuit à leur vie sociale (6 % c. 7 %) ou à leur vie familiale (7 % c. 9 %).
  • La consommation excessive: Les Estriens flirtent avec la moyenne québécoise des consommateurs d’alcool alors qu’ils sont à deux points en dessous de celle-ci en termes de consommation excessive.
    • 34 % affirment avoir dépassé ces limites une fois par mois ou plus souvent (c. 36 % au Québec) ;
    • 45 % d’entre eux n’ont, pas une seule fois, consommé de manière excessive (c. 47 % au Québec).
  • La conduite et l’alcool: Les résidents de la région sont plus nombreux que la moyenne québécoise à prendre le volant après avoir consommé de l’alcool.
    • 44 % affirment avoir conduit un véhicule après avoir consommé de l’alcool (c. 40 % au Québec) ;
    • 9 % des consommateurs d’alcool de l’Estrie ont conduit un véhicule après avoir bu au-delà de la limite permise, ce qui est supérieur à la moyenne québécoise qui est de 8 %.
  • Conduite automobile et surveillance routière: Même s’ils sont moins nombreux qu’ailleurs au Québec à avoir vu ou traversé un barrage routier, les conducteurs de la région sont plus nombreux à croire qu’il est probable de se faire intercepter par un barrage.
    • 51 % des résidents ont cette perception (c. 48 % au Québec) ;
    • 18 % des conducteurs ont vu un barrage policier dans la région au cours de la dernière année (c. 19 % au Québec) alors que 14 % en ont traversé un (c. 15 % au Québec).
  • L’alcool et le cannabis: Les Estriens mélangent moins alcool et cannabis que la moyenne québécoise. On observe toutefois une hausse de ce comportement depuis la dernière édition de l’enquête il y a deux ans.
    • 22 % des habitants de la région consomment du cannabis (c. 21 % au Québec) ;
    • 24 % de ceux qui consomment à la fois de l’alcool et du cannabis (5 % de la population de la région) mélangent les deux substances toujours ou souvent, ce qui est sous la moyenne québécoise (28 %) ;
    • Ils étaient toutefois 19 % à le faire il y a deux ans (c. 24 % aujourd’hui) alors que la moyenne québécoise était à 24 %.
  • Éduc’alcool dans la région: Ce qui n’est rien pour déplaire à Éduc’alcool, l’organisme est connu et reconnu dans la région.
    • Presque tous les Estriens (89 %) connaissent son slogan, La modération a bien meilleur goût ;
    • La crédibilité d’Éduc’alcool dans la région est aussi très forte (94 %).

Alors qu’un minimum de 400 personnes a été sondé dans chaque région, pour un total de 7600 répondants, les trois aspects suivants de cette enquête doivent être considérés pour mieux en apprécier les données présentées, car ils peuvent influencer les résultats.

  • Les mesures gouvernementales associées à la COVID-19 ont pu modifier certains comportements. Par exemple, l’interdiction de se rassembler dans une résidence privée et la fermeture des restaurants et bars ont affecté les lieux où les Québécois ont consommé de l’alcool.
  • Le changement de méthode de collecte de données : En 2015 et en 2017, l’étude était menée uniquement au téléphone. En 2019, la collecte de données s’est faite principalement sur le web. Ce changement méthodologique affecte les résultats puisque la consommation d’alcool mesurée est plus grande sur le web qu’au téléphone. De plus, la proportion d’entrevues téléphoniques était plus grande en 2019 qu’en 2021 (32 % c. 9 %), ce qui peut avoir un effet sur les résultats.
  • La désaisonnalisation : Cette année, la collecte de données a été étendue du mois d’août au mois d’octobre 2020 inclusivement et du 15 février au 30 mars 2021 afin de diminuer l’influence d’un mois en particulier sur le comportement des répondants.

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