Quelle étrange idée qu’a Éduc’alcool de conseiller aux consommateurs d’alcool de compter les verres qu’ils boivent et en quoi est-ce utile?

Compter ses verres, c’est d’abord s’observer

C’est prendre conscience de la quantité d’alcool que l’on boit. Cette simple observation a pour effet de nous inviter à faire de ce comportement une habitude utile, nécessaire et même agréable.

Les conducteurs automobiles qui ne regardent jamais leur indicateur de vitesse ont tendance à dépasser les limites sans s’en rendre compte. Agir de façon mécanique pousse généralement à l’excès.

Parmi les personnes qui adoptent de saines habitudes de vie, certaines comptent les kilomètres parcourus à vélo ou le nombre de pas faits dans la journée. D’autres comptent les calories ingérées. Cela leur permet de garder un œil sur leurs activités physiques ou leurs habitudes alimentaires.

Il en va de même avec l’alcool. C’est bien de connaître les limites de consommation recommandées, mais ce n’est pas très utile si l’on ne sait pas combien de verre on boit.

Une utilité démontrée

Plusieurs recherches, menées essentiellement en Australie, démontrent l’utilité et l’efficacité de compter ses verres : 

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Compter ses verres prédit une diminution de consommations hebdomadaires à travers le temps.

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Comparés aux buveurs excessifs, les buveurs modérés rapportent toujours1 utiliser l’une ou l’autre des actions suivantes, toutes efficaces :

  • Compter ses verres
  • Alterner entre boissons alcoolisées et non-alcoolisées
  • Boire seulement des boissons à faible teneur en alcool
  • Refuser un verre
  • Manger en buvant
  • Se donner une limite de consommations avant de commencer à boire
  • Étancher sa soif avec un verre non-alcoolisé, eau ou mocktail, avant de boire
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Plus on compte ses verres régulièrement, plus on améliore ses habitudes de consommation.

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Les buveurs excessifs comptent moins fréquemment leurs verres que les buveurs modérés.

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Les gens avec une moins bonne santé physique ont tendance à ne pas compter leurs verres.

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Dans le domaine alimentaire, pour les personnes souhaitant perdre du poids, compter ses calories a le même impact bénéfique sur la perte de poids que de suivre un régime strict.

Comment accueille-t-on ce conseil au Québec?

Avant de livrer ce conseil aux Québécoises et aux Québécois, Éduc’alcool a non seulement procédé à une recension des recherches scientifiques, mais il a en plus fait mener un sondage par une maison de recherche indépendante, CROP, pour évaluer l’impact qu’un tel conseil aurait sur la population du Québec et l’accueil qu’elle lui ferait. Les résultats parlent par eux-mêmes.

  • Pour une majorité de 55 %, c’est un très bon conseil à donner.
  • 44 % des Québécois ont répondu qu’une campagne qui les inviterait à développer cette pratique les inciterait effectivement à compter leurs verres, alors que 16 % ont indiqué qu’ils le font déjà.
  • Seulement 2 % des répondants voient dans ce conseil une intrusion dans leurs affaires et un envahissement de leur vie privée.
  • Certes, il reste du travail à faire puisque pour environ 4 Québécois sur 10, ce conseil est perçu comme inutile, sans pour autant que l’idée de compter ses verres comme stratégie de modération soit perçue négativement.

Un petit geste facile à mettre en œuvre, une bonne habitude à prendre, un précieux conseil d’Éduc’alcool à suivre : compter ses verres, c’est une excellente façon de pratiquer la modération.

Références