Après plus de trois décennies à la direction générale d’Éduc’alcool, 204 réunions du conseil d’administration, 31 assemblées générales, 61 numéros du bulletin Nouvelles Éduc’alcool et des centaines d’autres événements et projets, grands et petits, le moment est venu de passer le relais à la relève qui conduira notre organisme dans la prochaine phase de son développement qui sera, c’est à n’en pas douter, radieuse. 

On ne quitte pas le gouvernail d’une organisation que l’on a dirigée et dont on a été le porte-parole durant tant d’années sans rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont rendu cela possible. 

Je ne veux pas m’étendre sur mon bilan ou sur mes réalisations. D’autres le feront bien mieux et bien plus objectivement que je ne saurais le faire et ce n’est assurément pas là l’essentiel. 

L’essentiel, c’est de dire à Éduc’alcool, à ses présidents, à ses administratrices et administrateurs, à ses membres, à ses partenaires et, évidemment, à son personnel, l’incommensurable reconnaissance que j’ai pour eux.  

Sans l’appui constant et la confiance des cinq présidents et des 59 administrateurs sous lesquels j’ai servi, la minuscule équipe du personnel qui a réalisé jour après jour des miracles, nos partenaires qui se sont désâmés pour nous accompagner projet après projet, nos membres qui nous ont si souvent dit leur satisfaction, rien n’aurait été possible. Et je me permets, pour une fois, d’évoquer la compréhension de ma femme qui m’a soutenu inconditionnellement parce qu’elle a cru autant que moi en la mission d’Éduc’alcool.  

Alors que je travaillais dans la lumière, ils ont été des dizaines dans l’ombre à en faire au moins autant que j’en ai fait pour la réalisation des mandats d’Éduc’alcool. J’ai eu à peine l’occasion de le dire – quasiment à huis-clos, pandémie oblige – au Lieutenant-gouverneur du Québec lors de l’attribution de sa Médaille pour Mérite exceptionnel à Éduc’alcool. Je lui savais immensément gré d’avoir enfin reconnu les mérites de l’organisme plutôt que ceux de son porte-parole.  

On m’a gratifié de multiples honneurs au fils des ans : l’Ordre du Canada, l’Ordre national du Québec, la Médaille du Jubilé de Diamant de la Reine Élizabeth II, la Médaille de l’Assemblée nationale du Québec, le Trophée de l’Esprit alimentaire pour la science, le titre de Personnalité marketing du Québec et d’autres. À chaque occasion, j’ai eu la sensation d’être en quelque sorte un usurpateur qui a bénéficié du travail et de l’engagement de tous. Pas une seule fois je n’ai omis de dire à celles et ceux qui me remettaient ces honneurs : « Si je devais donner la part qui lui revient à chaque personne qui a rendu possible la remise de cette médaille, il me resterait à peine un minuscule morceau du ruban ». 

Éduc’alcool m’a donné l’occasion de déployer toutes les facettes de ma formation, de mes connaissances et des talents dont j’ai été doté. Il m’a permis de m’épanouir comme on ne peut même pas en rêver : mes études en droit, ma formation en sciences politiques, ma passion pour l’écriture, mon amour de la langue française, mon expérience de communicateur en publicité et en relations publiques, mes capacités d’analyse stratégique, mon ouverture sur le monde, ma curiosité intellectuelle… tout a été mis à profit. À tous égards, j’ai été absolument comblé. Et il n’y pas un seul des plus de 11 000 jours qu’a duré mon mandat où je n’ai été heureux de me précipiter au travail. 

On m’a très souvent dit : « Hubert, c’est toi qui as fait Éduc’alcool ».  

C’est faux! C’est tout le contraire.  

Ce n’est pas moi qui ai fait Éduc’alcool. C’est Éduc’alcool qui m’a fait. 

Au moment de prendre congé de notre organisme, je veux lui dire ici mon infinie reconnaissance, car j’ai beau avoir donné à Éduc’alcool le meilleur de moi-même, ce que je dois à Éduc’alcool est infiniment plus que ce qu’il me doit.  

Hubert Sacy