Se ménager une période d’abstinence dans sa consommation d’alcool est une tendance relativement récente dont on entend de plus en plus parler, particulièrement au retour des Fêtes, une période marquée par le retour des bonnes résolutions.

L’expérience vous tente? Si votre intention est sans aucun doute louable, Éduc’alcool vous invite tout de même à cette petite réflexion avant de vous lancer.

Les raisons pour lesquelles on choisit de cesser de consommer de l’alcool pendant une période déterminée peuvent être variées et différer pour chacun :

  • on peut considérer avoir abusé de l’alcool dans les semaines ou les mois précédents et c’est peut-être pourquoi cette pratique semble être plus populaire en début d’année;
  • on peut avoir envie de se défaire d’habitudes que l’on considère malsaines ou qui nous occasionnent des inconforts ou des problèmes;
  • on peut être simplement être curieux des effets d’une telle abstinence sur notre corps, notre sommeil, notre poids, notre niveau d’énergie;
  • on peut aussi avoir accepté pour soutenir une bonne cause, ou pour montrer aux autres et à soi-même qu’on est capable de se passer d’alcool…

Quoi qu’il en soit, vouloir réduire ou cesser sa consommation d’alcool découle d’une certaine prise de conscience quant à votre niveau de consommation qui, sans nécessairement être abusive, ne répond peut-être pas aux habitudes que vous aimeriez avoir.

Aussi, avant d’entreprendre une période sans alcool, voici quelques points qui méritent attention.

Retour du balancier

Si vous passer d’alcool pendant quelques semaines constitue une réelle épreuve nécessitant discipline, efforts et sacrifices, attention au retour du balancier! En effet, comme toutes les privations, une abstinence ponctuelle peut engendrer l’impression erronée d’un manque à gagner ou celle de s’être mérité, lorsqu’elle se termine, un relâchement en termes de consommations auxquelles on aura droit. On pourrait ainsi avoir tendance à augmenter sa consommation le mois suivant, en toute bonne conscience, ou même inconsciemment.

En effet, un mois sans boire d’alcool ne compensera pas pour les anciens abus et ne rendra pas non plus les abus qui suivront moins nuisibles. Ainsi, il vaut mieux boire régulièrement avec modération qu’avec excès à l’occasion.

Boire en pleine conscience : une saine alternative

Si cesser toute consommation d’alcool vous semble difficile et que vous vous accrochez à la perspective d’en finir par une célébration bien arrosée, ce n’est peut-être pas la meilleure option pour vous. Aussi, plutôt que d’entreprendre un exercice d’abstinence, songez à intégrer dans votre vie une pratique de pleine conscience et de modération dans le respect de vos limites.

De quoi s’agit-il ? Être en pleine conscience consiste à vivre le moment présent, tout en étant à l’écoute de son vécu intérieur et des stimuli externes pouvant affecter ce vécu. Dans cette optique, toutes les expériences et tous les états d’esprit sont accueillis sans jugement, avec autocompassion et sans intention d’y réagir.

En développant une habitude régulière de pleine conscience, que ce soit en consommant ou non de l’alcool, et en gardant au moins une ou deux journées sans alcool par semaine, vous pourrez en retirer bien des bénéfices. En effet, plusieurs études ont démontré que les personnes qui intègrent des pratiques de pleine conscience à leur quotidien ont une légère tendance à moins consommer de substances psychoactives, dont l’alcool.

Attention, il ne s’agit pas d’une solution miracle, car, bien que cela puisse aider certains, d’autres risques de trouver cela insuffisant. Dans le cas où l’abstinence totale ou la consommation en pleine conscience vous semblent inatteignables, il pourrait alors être pertinent d’obtenir de l’aide professionnelle pour adresser vos habitudes de consommation.

Ainsi, avec une approche de pleine conscience, l’envie de consommer de l’alcool est non seulement contextualisée en fonction du vécu affectif et facteurs externes pouvant l’influencer, mais elle devient aussi une expérience de goût plutôt qu’une recherche d’effet. Il vous revient de vous accorder ce petit plaisir en tout équilibre. Mais si, après réflexion, vous souhaitez vivre une période d’abstinence, ou si vous suivez la recommandation d’Éduc’alcool à l’effet d’alterner boisson alcoolisée et boisson non alcoolisée, souvenez-vous qu’il est toujours possible d’opter pour un cocktail sans alcool (mocktail). L’Alternacool vous propose plus d’une centaine de recettes de boissons désaltérantes qui rehausseront la saveur d’un moment de détente ou de célébration.

Surtout, n’oubliez pas que le meilleur défi, c’est celui qui vous fait du bien.

À la vôtre!

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