Alcool et pandémie : 5e sondage CROP pour Éduc’alcool

Montréal, le 13 octobre 2021 – Pour la première fois depuis le début de la pandémie, une inversion de tendance se dessine : il y a davantage de Québécois qui ont réduit leur consommation qu’il n’y en a qui l’ont augmentée. De fait, 70 % n’ont pas modifié leur consommation, 16 % l’ont diminuée et 14 % l’ont augmentée, dont seuls 2 % l’ont beaucoup augmentée. Par contre, ce qu’Éduc’alcool appréhendait avec la fin du confinement, l’arrivée de l’été, la réouverture des bars et des restaurants s’est avéré : davantage de Québécois (42 %) qu’au mois d’avril dernier ont dépassé, ne serait-ce qu’une fois au cours du dernier mois, les limites recommandées de consommation d’alcool, dont 16 % qui ne les ont dépassées qu’une seule fois. Il reste que 27 % des consommateurs ont dépassé les limites recommandées deux fois ou plus ; ils étaient 22 % en mai dernier.  

Telles sont les principales conclusions de la cinquième enquête sur la consommation d’alcool des Québécois depuis le début du confinement, menée par CROP pour le compte d’Éduc’alcool en septembre 2021. Celle-ci fait suite à celles menées en avril, mai et novembre 2020 et en mai 2021. 

« Avec l’arrivée de l’été, la relance de la vie sociale et des réunions de famille, et comme c’est historiquement le cas à la sortie de toutes les crises et pandémies de l’histoire, nous nous attendions bien à une hausse des épisodes de consommation excessive, même si nous espérions qu’elle serait la moins prononcée possible. Certes, le dépassement n’est significatif que pour 5 % des consommateurs, mais cela ne doit pas occulter l’importance pour certains groupes, particulièrement les jeunes, les mieux nantis et les personnes qui ont été les plus affectées par la pandémie, de réduire la quantité d’alcool consommée par occasion. Aussi, sans être catastrophique, le portrait de la consommation invite à une vigilance, à une prise de conscience et à un coup de barre », a déclaré le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, appelé à commenter les résultats. 

« Le renversement de tendance est majeur et il est le signe premier d’une sortie de crise. Il faut cependant demeurer vigilant. Si le fait de boire davantage parce que l’on s’ennuie a considérablement diminué, celui de moins boire par manque de contacts sociaux ou par manque d’occasions est lui aussi en forte diminution. On passerait donc d’une consommation compensatoire à une consommation festive, ce qui comporte aussi son lot de risques », a précisé Dominic Bourdages, vice-président de CROP.

Profil et justifications de la consommation des Québécois  

  • Entre mai et septembre 2021, on constate une baisse du nombre de Québécois dont la consommation a « beaucoup augmenté » ainsi qu’une hausse du nombre de ceux qui ont « un peu diminué » leur consommation d’alcool.
  • Alors qu’en mai 2020, 21 % des buveurs avaient augmenté et 13 % avaient diminué leur consommation, à présent, ce sont 14 % qui l’ont augmentée et 16 % qui l’ont diminuée.
  • Les plus jeunes (18-34 ans : 22 %), les plus fortunés (revenu familial de 80 000 $ + : 18 %), ceux qui sont en télétravail (23 %), ceux qui sont affectés par la pandémie (25 %), ceux qui boivent de l’alcool pour se sentir mieux (40 %), les plus grands consommateurs (entre 4-7 x/semaine : 31 %) et ceux qui résident avec des enfants (20 %) sont plus nombreux à avoir augmenté leur consommation d’alcool.
  • Parmi ceux qui ont augmenté leur consommation d’alcool, 84 % disent boire plus souvent et 33 % davantage par occasion.
  • Les Québécois qui ont réduit leur consommation sont 85 % à indiquer qu’ils boivent moins souvent et 35 % qu’ils boivent moins par occasion.
  • Les trois principales raisons de l’augmentation de la consommation d’alcool (réduction de l’anxiété, ennui, plus de temps passé chez soi) sont toujours les mêmes. Avec l’allégement des mesures sanitaires, on remarque une augmentation du nombre de Québécois qui disent avoir plus d’occasions pour boire et une diminution de ceux qui boivent par ennui. 
  • La principale raison pour laquelle les Québécois ont diminué leur consommation d’alcool est le manque d’interactions sociales. Ce motif est toutefois beaucoup moins important qu’en mai dernier. En contrepartie, « pas le goût, pas nécessaire » est deux fois plus cité que dans la dernière mesure.
  • On observe une diminution de ceux qui n’ont pas bu au cours du dernier mois et une augmentation de ceux qui boivent une à deux fois par semaine.
  • La proportion de Québécois qui ont dépassé les limites recommandées lors du dernier mois est passée de 30 % à 42 %. Ceux qui les ont dépassées une seule fois sont passés de 9 % à 16 %.  
  • Comme en mai et novembre dernier, ceux qui consomment souvent ou à l’occasion de l’alcool pour se sentir mieux sont plus nombreux à avoir consommé de façon excessive. 
  • La maison est le lieu de consommation d’alcool par excellence (81 %). 
  • Les hommes, les plus jeunes, ceux qui boivent de l’alcool pour se sentir mieux et ceux qui consomment de l’alcool 1-3 fois par semaine sont sur-représentés parmi les Québécois qui boivent dans plusieurs lieux de consommation.
  • Un Québécois sur cinq affirme consommer de l’alcool pour se sentir mieux. Les jeunes (18-34 ans), ceux qui font du télétravail, ceux qui sont affectés psychologiquement par la pandémie, ceux qui résident avec des enfants et les plus grands consommateurs d’alcool sont plus nombreux dans cette situation. 

« Après une phase de grands changements qui ont bouleversé nos modes de vie et influencé nos comportements, bien que le bilan soit mitigé, une stabilité semble s’installer et une légère amélioration se préciser. Il importe donc plus que jamais, à l’heure de la vaccination et du déconfinement, de nous réadapter à la réalité nouvelle, de mesurer notre consommation et, surtout, de mettre en application le slogan d’Éduc’alcool que plus de 90 % des Québécois connaissent : la modération a bien meilleur goût », a conclu Hubert Sacy.  

Note méthodologique : Les résultats du sondage, administré par CROP, reposent sur 1 001 réponses recueillies entre le 15 et le 22 septembre et dont les répondants ont été recrutés par le biais d’un panel web. Les données sont comparées à quatre sondages dont les collectes de données se sont déroulées par le biais d’un panel web entre le 4 et le 6 avril, entre le 5 et le 10 mai, entre le 19 et le 24 novembre 2020 et entre le 13 et le 17 mai 2021. 

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